Vivre un vieux rêve, partir à son rythme découvrir le monde et ses habitants.
Cette idée me trottait dans la tête depuis longtemps et j’ai voulu profiter d’une forme physique encore acceptable (j’ai presque 47 ans) pour enfourcher ma bécane et partir en toute liberté.
J’ai pour cela dû quitter une vie relativement tranquille, un poste passionnant d’infirmière-chef aux soins intensifs, une équipe hors pair, une famille et des amis formidables… Mais ce n’est que pour mieux les retrouver à mon retour, riche d’expériences inédites, de paysages, d’odeurs, de couleurs, de rencontres. Mieux vaut ne jamais regretter de ne pas être partie.
Le vélo s’est d’emblée imposé à moi pour accomplir ce périple ; il permet d’aller à son rythme hors des sentiers battus, il suscite sympathie, respect, étonnement, bienveillance… Voyager seule force à aller à la rencontre de l’autre et permet aussi sans doute de connaître ses propres limites.
Grande amatrice de voyages et cycliste au quotidien, je ne me suis pas préparée physiquement, comptant sur un entraînement physique progressif durant les premières semaines.
Si mon expédition comporte un maillon faible (au propre et au figuré !), ce sont les connaissances en mécanique vélo. Grâce à l’aide de Michel qui m’a donné un cours pratique, je suis à même de changer un rayon, réparer une chaîne, etc…. Je crois que je deviendrai adepte des visites préventives (je ne suis pas infirmière pour rien !) chez les vélocistes que je croiserai sur mon chemin.
Mon chemin, parlons-en ! Dans un premier temps, j’ai l’intention de rallier Madrid au départ de Bruxelles et de là, de m’envoler pour Cuba puis vers l’Amérique Latine. J’ai l’intention de suivre le rythme des saisons, profitant du printemps européen pour me diriger ensuite vers l’été austral en Patagonie.
Si l’envie me prend de poursuivre l’aventure, peut-être mes roues m’emmèneront-elles vers la Nouvelle-Zélande, L’Australie puis l’Asie. Mais ça, c’est pour l’année prochaine.
Pour mener à bien cette folle équipée, j’ai opté pour un vélo en acier de type randonneur, de marque Da Silva. J’ai été aidée des judicieux conseils de Yves Van Stralen de « La maison du vélo » et ai fait équiper mon vélo de la façon suivante :
- roues 26 pouces et pneus Schwalbe Marathon XR
- changement de vitesse (27) Shimano Deore
- freins V-brake
- guidon ergonomique à cornes afin de varier les points d’appui
- porte-bagages avant et arrière Tubus
- bloque-roue arrière
- pédales amovibles avec cales-pied en plastique et lanières en cuir
- 1 compteur sans fil VDO
- 3 portes-bidon
- 1 solide béquille (du moins je l’espère)
- 1 selle San Marco
- 1 phare arrière à pile, une lampe frontale faisant office de phare avant
- 5 sacoches étanches Ortlieb (2 à l’avant, 2 à l’arrière et une sur le guidon avec porte-carte)
J’ai choisi un équipement le plus standard possible afin de pouvoir trouver partout les pièces de rechange nécessaires.
J’ai volontairement fait l’impasse sur les gardes-boue suite à une mémorable rencontre avec un cyclotouriste dans le Sud du Laos en pleine saison des pluies. Il devait s’arrêter tous les 100 mètres pour dégager l’épaisse boue rouge et grasse qui s’accumulait entre roues et gardes-boues !
Ironie du hasard, ou peut-être pas, je roulerai presque aux couleurs de la Belgique avec le cadre et les sacoches avant gris foncé, la veste Aigle en Goretex jaune et les sacoches arrière rouges .
La totalité de mes bagages (équipement de camping, vêtements, lecture, matériel de réparation, trousse de toilette et pharmacie, un peu de nourriture….) atteint un poids d’environ 22 kg.
Pour l'achat du velo et du materiel, je tiens a remercier Sports-Saint-Luc, les Soins Intensifs A et le departement cardio-vasculaire, tous mes amis et ma famille pour leur aide precieuse.

Ce soir, il y a sûrement un match de foot car les supporters ont envahi les rues et sont déjà bien éméchés dès 14h.