Partager l'article ! Salvador-Lencois, 423 km: Voir la carteVoir l'albumSalvador fut mon premier vrai bain touristique, davantage que Sao Luis. Le centre historique, le Pe ...

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Salvador fut mon premier vrai bain touristique, davantage que Sao Luis. Le centre historique, le Pelourinho, entierement pietonnier, est situe dans la ville haute et m`oblige a pousser mon velo pour arriver dans une auberge ou je partage une chambre de 4 personnes avec... 3 Basques de Bilbao (3 groupes differents). Incroyable mais vrai!
La police touristique est omnipresente. Elle se deplace en voiture electrique nommee "batalhao de policia turistica". Ce mot bataillon me fait sourire. A 10h du matin, une femme flic m`empeche d`emprunter une rue du centre, reputee peu sure pour trafic de drogue. Rien n` est trop beau pour la securite des touristes. Des femmes en costume traditionnel se pavanent, esperant etre prises en photo contre remuneration. Pareil pour les danseurs "improvises" de capoeira. On est accoste sans cesse, mais gentiment et sans insistance. Les gens observent tout. Un homme m`a demande ou etait mon velo; il m`avait croisee la veille dans la foule touristique. Il est vrai que je ne passe pas inapercue. Un autre a "devine" que j`etais Francaise ou Belge car il m`avait entendue parler le matin sur la place principale. Vive l`anonymat des grandes villes!
Les musees sont petits mais varies. Le musee afro-bresilien comporte des originaux africains et quand ce sont des copies, elles le sont toutes d`oeuvres d`art du musee de Tervueren. Cocorico! Je passe devant le consulat neerlandais et quelle n`est pas ma stupefaction de voir ecrit (en francais) sur le blason "Je maintiendrai". On en apprend tous les jours...
Le soir, je me rends avec un minibus d`une dizaine de touristes (!) a un candomble. Il s`agit d`un rituel importe d`Afrique, danse en l`honneur des dieux ou les femmes, toutes vetues de blanc, entrent en transe. Celles-ci poussent alors des cris gutturaux, des aboiements, s`etreignent... La seance se deroule dans une maison eloignee du centre, et ce n`est pas du chique pour les touristes. Je n`ai pas compris grand chose, si ce n`est que les participants ont aussi recite le "Notre Pere" et l`Ave Maria en portugais, le reste se passant en langue Yoruba, melange de portugais et d`angolais. A un moment donne, les personnes qui le desiraient pouvaient se faire passer des branches sur le corps en faisant un voeu et j`y suis allee quand on m`y a invitee. Rite donc a ajouter a mes differents grisgris: la girafe de Anne, l`olho de boi d`Amalia, le Saint-Antoine de sa voisine, et un ruban vert fluo a mon poignet, a n`enlever sous aucun pretexte. Me voila paree pour la suite du voyage
Je suis restee 12 jours sans pedaler, si ce n`est pour aller d`une gare routiere a l`autre, ce qui ne fait que 8 a 10 km par trajet. J`ai des fourmis dans les jambes, une journee a Salvador me suffit. Une de mes cokoteuses basque me regarde partir avec beaucoup d`envie. Elle a passe souvent des vacances a velo et je la sens prete a aller s`acheter sur le champ velo et sacoches pour m`accompagner. Afin d`eviter la grand route, je prends le ferry pour filer vers l`ouest en passant par 2 iles de la Baia de Todos Os Santos. Objectif : Lencois et le Parc National de Chapada Diamantina.
Je ne vois rien de la baie pendant le trajet en ferry car mon velo et son chargement, que je me refuse a abandonner, sont au rez du bateau. Pas question de revasser, je suis l`objet de multiples questions, attention, curiosite. Camera video au poing, ce moment est immortalise par 3 familles du coin. Sur l`ile, ils me depasseront en voiture tout en continuant a me filmer pedalant ferme.
Apres la baie, le paysage devient de plus en plus vallonne, avec troupeaux, bananiers et palmiers. Absolument superbe, je ne regretterai la grand-route a aucun moment, malgre le denivele parfois important. Je suis passee des 34 degres de Sao Luis a 27 degres, et j'apprecie cette relative fraicheur. Le probleme de ma carte est l' absence totale d`indication sur le relief. C`est donc a chaque fois la surprise quand je vois arriver les collines. Comme la carte est a tres grande echelle, tout comme le pays, 5 cm se parcourrent en une journee, et toutes les routes sont representees droites, meme si elles sont faites d'epingles a cheveux. Ceci dit, toutes les routes s'y trouvent, de meme que les villes de plus de 10000 ames, et c'est le principal. Les indications routieres, par contre, manquent cruellement. Je tiens cependant a remercier les matelas Onyx qui, 5 km avant d'arriver dans chaque ville, placent un enorme panneau preconisant de choisir dans la dite ville un hotel equipe de matelas Onyx, mais cela, c'etait de Recife a Teresina, Onyx ne semble pas s'etre implante plus au Sud.
Les Bresiliens que j'interroge n'ont aucune idee de l'altitude a laquelle ils vivent, tout comme ils connaissent rarement les distances. Dans cette region, ils ramenent les troupeaux a cheval. Les bosquets de bambous craquent sous le vent, un serpent, effraye par mon arrivee, me donne un coup de queue a la cheville.
Le soir, je regarde les JO panamericains qui se deroulent a Rio. Je ne vois aucun participant bolivien ou peruvien, ca coute cher d'entrainer un athlete. Un joueur d'escrime bresilien se prenomme Athos. Incroyable mais vrai! Une epreuve consiste a s'aligner sur la plage, a la traverser en courant puis a nager 1500 m. On ne voit que de l'ecume dans la mer. Question foot, le Bresil a gagne la coupe des Amerique, ambiance et cotillons, foule en liesse.
Je suis a Lencois, il y a un hamac sur mon balcon et la musique de Buena vista social club; je vais me concocter un petit programme de randonnee parmi les cascades, grottes et promontoires rocheux.
A ce jour, j'ai parcouru 5643 km environ.
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