
Je suis donc partie avec un vélo Da Silva en acier, de type randonneur. J'ai essayé d'en choisir les
différents éléments sans trop regarder au prix, privilégiant la solidité, le confort et la facilité avec laquelle j'allais trouver des pièces de remplacement.
Lecteurs allergiques à la mécanique, passez votre chemin! Futurs voyageurs, puisse mon expérience vous aider à préparer votre voyage... Je ne vous parle que de mon vécu cycliste mécanique,
je n'ai pas la prétention de donner des conseils car la mécanique, ce n'est vraiment pas mon fort! Les conseils de Yves, de la "Maison du vélo" ont été très précieux.
Mon vélo dans les détails...
- roues 26 pouces et 6 rayons de rechange
Le diamètre de la roue est un standard disponible dans le monde entier. J'ai scotché les rayons de rechange à la barre transversale de la roue arrière et n'en ai utilisé aucun.
- pneus Schwalbe Marathon XR avec bande réfléchissante
Pneus increvables, ou presque... De fait, j'ai eu une crevaison après 2191 km, la suivante (en fait, 4 ou 5 crevaisons d'affilée...) à 16.474 km, après un an et une semaine de randonnée.
Je n'ai pas été suffisamment vigilante et aurais dû changer de pneus un peu plus tôt, dans une ville où j'aurais pu en trouver de bonne qualité. Du coup, j'ai acheté en urgence ce que j'ai pu
trouver, à savoir des pneus thaïlandais de piètre qualité; les crevaisons se sont succédées à un rythme effréné... Les Nimbus renforcés au Kevlar achetés à Narbonne étaient solides mais peu
confortables. Je les ai échangés à Bruxelles en juin 2008 contre mes "Marathon" favoris. Je les ai utilisés en Europe du Nord durant 6818 km sans avoir de crevaison. Ces pneus sont
confortables sur route mais également sur piste de terre ou de pierre.
Je maintenais toujours une pression de minimum 4 bars (risque de crevaison et de chute réduit, longévité du pneu, effort moindre) et ne gonflais mes pneus qu'aux stations services. Ma
petite pompe manuelle avec manomètre m'a cependant été bien utile lors des multiples crevaisons le long de la Panaméricaine.
Le pneu arrière, qui supporte un poids plus lourd que l'avant, s'use plus vite; il convient donc d' intervertir les pneus quand le pneu arrière commence à s'user. Je l'ai fait à 10987 km.
Il convient d'avoir toujours une chambre à air de réserve, ceci afin d'éviter de devoir réparer la fuite au bord de la route. Il est plus confortable de le faire le soir à l'étape.
Quand le sort s'acharnait sur moi et m'imposait plusieurs crevaisons durant la même journée, ma bassine en plastique (remplie d'eau) m'a été d'une grande utilité, afin de déterminer le point de
crevaison. Je gardais l'eau de la bassine en prévision de la crevaison suivante, autre précaution indispensable quand on traverse des zones peu habitées...
Une pince à épiler pour déloger un éventuel corps étranger du pneu m'a aussi été utile. J'ai également placé des rustines à l'intérieur du pneu quand le trou était trop grand.
J'ai mis de nouveaux fonds de jante à Murcia (17078 km).
- changement de vitesse (27) Shimano Deore
J'ai dû changer le dérailleur avant après 21.140 km
- freins V-brake
Mis à part les patins d'origine, je n'ai utilisé que 5 paires de patins. En randonnée, on freine beaucoup moins qu'en ville, sauf dans les descentes, à moins d'être suicidaire.
- chaîne et
cassette
Afin de ne pas user précocement la cassette arrière, j'ai changé de chaîne après 3675 km. A 12900 km, j'ai remis la 1ère chaîne. A 19441 km, j'ai remplacé chaîne et cassette. L'idéal, d'après mon
vélociste, serait d'échanger (pas de changer!) les chaînes tous les 1000 km; mais ça, ce n'est vraiment pas pour moi!
- outils multi-fonction
2 petits outils comprenant : démonte-chaîne, clé à rayon, tournevis cruciforme, tournevis à bout plat, 5 clés hexagonales Allen, 5 clés plates
- guidon ergonomique à cornes
Il m' a permis de varier les points d’appui mais n'a pas empêché les fourmillements dans les bras et mains.
- porte-bagages avant et arrière Tubus
Ils ont été infaillibles.
- bloque-roue arrière
Accessoire absolument indispensable, qui a fait l'admiration des Sud-américains qui n'en avaient jamais vu. Bizarre, alors que cet accessoire est présent sur tous les vélos asiatiques. J'ai
abandonné devant tous les supermarchés mon vélo chargé avec pour seule entrave le bloque-roue. On ne m'a jamais rien volé! J'avais aussi au départ un lourd cadenas, que j'ai abandonné avant de
prendre l'avion pour le Brésil. Je l'ai remplacé par un cadenas plus léger et forcément moins fiable, mais ô surprise, il n'a jamais été coupé. Ceci dit, je l'ai très peu utilisé, je n'ai pas un
caractère très méfiant.
- pédales amovibles avec cales-pied en plastique et lanières en cuir
Les cales-pied, bien, les lanières, pas bien, car elles empêchent le pied de se dégager rapidement et ont été pour moi source de chutes. Je les ai donc retirées au Pérou.
Le fait d'avoir des pédales amovibles s'est avéré très pratique. Pour embarquer le vélo dans un avion ou dans un car, d'abord, pour prévenir le vol du vélo, ensuite. Le voleur aurait été quelque
peu désappointé de se retrouver avec un vélo sans pédales... Donc, à conseiller.
- 1 compteur sans fil VDO
Les compteurs sont réputés fragiles, pas toujours fiables,
surtout sans fil. Je ne suis pas fan de gadgets électroniques et ai pris le modèle le plus simple qui m'indiquait l'heure, la vitesse et le kilométrage. Donc, pas d'affichage de la vitesse
moyenne journalière ni de la vitesse de pointe.
Je suis tombée sur un bon numéro car il est toujours vivant! Je devais cependant réajuster le kilométrage car il indiquait environ 7 km de trop/100 km. Les piles n'ont été changées qu'une fois
(elle sont sensées durer 1 an!), malgré l'usage intensif de l'appareil.
- 3 portes-bidon
2 portes-bidon pour l'eau (500 et 750 ml), un pour le combustible (pour mon réchaud, pas pour moi).
Après le décès prématuré de mon réchaud multicombustible, j'ai retiré le porte-bidon contre lequel frottaient les câbles arrière.
- 1 solide béquille
Celle-ci a été d'une solidité à toute épreuve, supportant sans faillir le poids du vélo chargé. C'est un accessoire absolument
indispensable.
- 1 selle San
Marco
Elle s'est crevassée et j'ai dû la changer à Berlin après 25383 km.
- 1 phare arrière à piles
Je ne voulais pas de phare car j'avais décidé au départ de ne jamais rouler de nuit. Yves avait malgré tout mis un phare arrière à piles sur mon vélo. Il m'a été bien utile lors de la traversée
de tunnels, cas de figure auquel je n'avais pas pensé au départ. Ma lampe frontale de camping faisait office de phare avant en cas de besoin.
Je n'ai roulé que 2 fois la nuit. La 1ère fois s'est soldée par une chute à Joao Pessoa (j'ai buté sur une bordure et fait un beau vol plané), ce qui m'a
permis de connaître les joies d' un hôpital brésilien, et la 2ème randonnée nocturne s'est déroulée à Berlin sans incident.
- 5 sacoches étanches Ortlieb (2 à l’avant, 2 à l’arrière et une sur le guidon avec porte-carte)
Le sacoches, impeccables! Je ne suis jamais tombée dans une rivière pour en tester l'étanchéité mais elles ont bien résisté à la pluie. Autre atout: la difficulté de les retirer du vélo pour qui
ne connaît pas le mécanisme. Nombreux sont ceux qui ont voulu m'aider à détacher mes sacoches mais qui n'y sont pas parvenus; excellent moyen anti-vol, en fin de compte.
Étanchéité veut aussi dire macération. Il convient donc de les aérer régulièrement pour ne pas avoir de condensation. Je l'ai appris à mes dépens le jour où j'ai découvert un outil tout
rouillé.
Le fond de la sacoche avant gauche s'est troué car, placé à +- 15-20 cm du sol, il a frotté plusieurs fois contre des bordures de trottoir.
La sacoche de guidon me servait aussi de sac à main; pas très élégant, je vous l'accorde, mais très pratique. Le porte-carte s'est fendu après 15.000 km, chaleur, soleil et mouvement des cartes
obligent... Je l'ai remplacé à Berlin et ai constaté sur la notice qu'il était garanti 5 ans... Mais je n'avais pas la facture avec moi.
- 1 casque
Il était la plupart du temps accroché à mon porte-bagages arrière. Je le mettais cependant dans les grandes descentes et en cas de circulation urbaine critique.
- matériel de rechange
1 boîte de rustines, 1 chambre à air, 3 démonte-pneus en plastique (remplacé une fois), 2 paires de patins de freins, 1 câble de frein arrière, un câble de dérailleur arrière, 6 rayons, ruban
adhésif, liens en plastique, huile, brosse à dents usagée, 1 chaîne, 1 clé démonte cassette Shimano. Je n'ai jamais utilisé les câbles, rayons et clé démonte cassette. Les liens ont été très
utiles pour refixer le compteur ou le garde-boue.
J'ai fait 6 visites d'entretien chez des vélocistes: à Séville (3019 km), Joao Pessoa (3675 km), Belo Horizonte (6792 km), Arequipa (12914 km), Santiago de Chile (16742 km) et Bruxelles
(19441 km). Le seul pépin majeur que j'ai eu est la rupture de l'axe de la roue avant, dans un petit village balnéaire du Chili. La providence avait placé un vélociste sur mon chemin. Mais il a
placé des billes de différentes tailles dans l'axe, du jamais vu à la "Maison du vélo"!
J'ai trouvé des magasins de vélos un peu partout et et n'ai donc pas eu à regretter de ne pas avoir pris plus de matériel de rechange. Mon seul regret est de ne pas avoir changé plus vite ma 1ère
paire de pneus.
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