Des petits conseils, encore, pour ceux qui seraient tentés par une aventure similaire à la mienne.
Au moment de préparer mon voyage, je recherchais du matériel ayant les qualités suivantes:
petit volume, petit poids, durabilité, me permettant d'avoir le maximum d'autonomie et n'attirant pas la convoitise des voleurs de grand chemin.
Je n'avais que très peu d'expérience du camping mais suis passée maître dans l'art de monter puis démonter rapidement le camp.
Je n'espérais pas tout rentrer dans les sacoches mais y suis finalement parvenue. J'ai croisé très peu de cyclistes qui étaient moins chargés que moi, surtout pour un si long voyage.
Pour alléger le poids des bagages, un cycliste voyageur bien intentionné m'avait conseillé de couper toutes les étiquettes de mes vêtements (ce que j'ai parfois fait, mais pour d'autres
raisons) ainsi que les bords des blisters des médicaments (sic!).
1ère règle d'or : le rangement!
Il m'a fallu un mois avant que chaque objet trouve sa place. Résultat: je devais souvent vider les 4 sacoches pour trouver ce dont j'avais besoin. Mais j'ai fini par m'organiser et savoir à tout
moment où se trouvait chaque objet. Il est important d'équilibrer le poids des bagages. Finalement, mes bagages se répartissaient comme suit:
- 1ère sacoche avant (= sacoche "sale"): matériel vélo et de réparation, trousse de couture, filtre à eau, réchaud, bassine, corde à linge, détergent vaisselle et petite éponge, gamelles et
couverts, guêtres étanches, sac de couchage
- 2ème sacoche avant (= sacoche "propre"): livre, matelas, oreillers et taie, pharmacie, boussole, 2 petits cadenas, prise anti-moustiques, papiers dans porte-documents étanche, sac à
viande, lampe, réservoir à eau, résistance électrique, radio, cape, réveil
- 1ère sacoche arrière: vêtements et cadenas
- 2ème sacoche arrière: tente, savon à lessive et brosse, trousse de toilette, nourriture, plastique pour s'asseoir, chaussures "de ville", tongs, petit sac à dos, guide de voyage, carnet de
bord, sudoku (!), papier toilette
Petit zoom sur le matériel
- Tente Terra Nova : 890gr.
La hauteur centrale de 95 cm au milieu me permettait de m'asseoir, tout juste... Je pouvais ranger tous mes bagages sous le double-toit. Elle était bien étanche mais été cependant sujette à
la condensation le matin, ce qui nécessitait d'attendre au moins une heure avant de la replier.
2 bémols à cette tente qui figure au Guinness Book des records: d'abord, les piquets d'origine, en fibre de carbone, ultra-légers, certes, mais très fragiles. J'ai dû en remplacer la
moitié en cours de route. Ensuite, les fermetures éclairs qui ont donné des signes de lassitude après 100 nuitées. J'ai utilisé la tente 125 nuits.
- matelas auto-gonflant Prolite et kit de réparation (non utilisé) : bien isolant, très compact, assez long (190 cm), solide
- sac de couchage Lestra Light compact, 790 gr
- sac à viande "Thermalyte reactor": augmente de 8° la performance du sac de couchage. D'un grand confort et facile à laver, je l'ai mis dans mon duvet, ceci pour ne pas salir ce dernier
- sac à viande en soie
- 2 petits oreillers "avion" et taie: et oui, j'aime le relatif confort!
- bassine en plastique "Sea to summit" d'une capacité de 5 litres. Indispensable pour faire tremper le linge, se laver en camping sauvage, réparer une crevaison ou mettre l'eau à filtrer
- réchaud multicombustible: je n'ai eu que des ennuis avec ce réchaud que j'ai abandonné en cours de route. Au retour d'Amérique du Sud, j'ai acheté un campinggaz, parfait, mais je n'ai pas
trouvé facilement des bonbonnes de gaz dans les pays baltes et en Finlande.
- gamelles en aluminium: une pour cuire les pâtes, avec couvercle pouvant faire office de poêle.
- lampe frontale Petzl à 3 niveaux d'intensité, mon kit "mains libres" d'éclairage, indispensable en camping mais aussi dans les hôtels mal éclairés d'Amérique du Sud ou pour rouler dans les
tunnels
- filtre Katadyn: une cartouche en céramique me procurait à tout moment de l'eau potable. Pas nécessaire donc, de me balader avec des litres d'eau ou d'envahir davantage de plastique les nombreux
dépôts d'immondices...
- "Platypus" 2 litres: réservoir à eau ultra-léger et ultra-solide
- résistance électrique : je devrais mettre ce mot au pluriel car j'en ai utilisé 8! Indispensable pour le café du matin, le thé du goûter ou pour préparer des nouilles instantanées.
- boussole: je ne l'ai jamais utilisée mais sa présence était rassurante, une fois que j'ai compris que le soleil tournait dans le sens inverse des aiguilles d'une montre dans l'hémisphère Sud et
que le soleil s'y trouvait au Nord à midi!
- radio : pour rêvasser sous la tente et écouter la musique locale, Adamo en espagnol inclus!
Ce que je n'ai pas pris...
- GSM: alias téléphone portable. Je n'en suis déjà pas fan en Belgique, il me semblait être une énorme entrave à ma liberté en voyage. Otavio a bien essayé de m'en donner un de force à Belo
Horizonte, craignant pour moi la traversée des favelas de Rio, mais qui aurais-je appelé à l'aide??
- GPS: j'en ai reçu un avant mon départ (merci à la famille Lefever), mais ai décidé de ne pas le prendre pour les raisons suivantes:
1° j'ignorais si il y avait des cartes disponibles pour l'Amérique du Sud et les télécharger depuis internet me semblait une épreuve insurmontable
2° il fonctionnait avec des piles d'une durée de vie de 10 heures. Je n'avais pas toujours accès à l'électricité pour recharger des piles et me suis refusé de consommer autant de
piles jetables.
3° je risquais de ne pas trouver de réseau partout et je devais de toute façon avoir aussi des cartes pour toutes les régions traversées
4° c'est un signe de richesse bon à aimanter les voleurs de tous bords
5° je n'avais plus de place pour placer le support sur mon guidon
6° depuis ma plus tendre enfance, j'adore avoir le nez plongé dans une carte, que ce soit sur un plan des pistes aux sports d'hiver, en randonnée en montagne ou sur autoroute
(nettement moins excitant...). J'ai trouvé partout des cartes plus ou moins correctes et ne me suis trompée de chemin que 2 ou 3 fois.
- assiette en plastique: elle aurait été utile dans les campings du Nord de l' Europe, équipés de fours à micro-ondes. Réchauffer les aliments dans leur emballage d'origine était douteux (regard
réprobateur des Allemands si disciplinés à l'appui...) mais faisable.
Tout ce beau petit matériel ne m'a pas été volé, que ce soit en camping ou à l'hôtel. La plupart du temps, je mettais mon vélo dans ma chambre.
Les sacoches ont été pour moi la meilleure solution pour transporter les bagages, une remorque n'étant adaptée, d'après moi, qu'au camping; l'exiguïté de certains hôtels ne permet de garer qu'un
seul vélo, et certainement pas une remorque.
Je rajoute une photo de ce que je n'avais pas dans mes sacoches, mais qui fera plaisir à Nathalie!

Dans un village, je trouve une affichette "ubernachtung fur radler" (hébergement pour cycliste). Je m'y
reconnais immédiatement, on me propose une caravane d'un autre âge dont l'intérieur m'a laissée rêveuse... Un vieux tourne-disque, un tas de 33 et 45 tours, une radio des années 60 au son
grésillant. Je l'allume et la voix de France Gall jaillit, suivie de Pink Floyd puis de U2. Je suis aux anges et délaisse la télévision en plastique rouge. Mon hôte place mes chaussures devant la
flamboyante cheminée (mais Saint-Nicolas ne passera pas), me prête ses pantoufles et m'invite au petit-déjeuner. Mon séjour en Allemagne s'annonce bien.
Le calme est garanti en bord de mer
mais il commence à faire froid, 3 degrés la nuit et je dois sortir ma panoplie de vêtements hivernaux. Le vent souffle du Nord-Est, ca tombe bien car je vais vers le Sud-Ouest, mais si mes calculs
sont bons, il vient de Sibérie! La côte est sauvage, le sable blanc et les longues plages désertes. Le camping sauvage est interdit, mais je n'ai pas toujours le choix; j'adopte donc la technique
du camoufflage et ca me permet d'apercevoir biches et piverts.
Les boîtes aux lettres qui s'alignent le long des routes sont souvent
joliments décorées.
Et pour Kielo aussi, elle ignore pourquoi elle a fait cette proposition si spontanément, alors qu'elle
parle à peine l'anglais.
Dans la capitale danoise, tout est prévu pour les cyclistes,un vrai plaisir. Je m'y sens du coup très
couleur locale.