Vendredi 12 décembre 2008 5 12 /12 /Déc /2008 10:19

Des petits conseils, encore, pour ceux qui seraient tentés par une aventure similaire à la mienne.

Au moment de préparer mon voyage, je recherchais du matériel ayant les qualités suivantes:
petit volume, petit poids, durabilité, me permettant d'avoir le maximum d'autonomie et n'attirant pas la convoitise des voleurs de grand chemin.
Je n'avais que très peu d'expérience du camping mais suis passée maître dans l'art de monter puis démonter rapidement le camp.
Je n'espérais pas tout rentrer dans les sacoches mais y suis finalement parvenue. J'ai croisé très peu de cyclistes qui étaient moins chargés que moi, surtout pour un si long voyage.
Pour alléger le poids des bagages, un cycliste voyageur bien intentionné m'avait conseillé de couper toutes les étiquettes de mes vêtements (ce que j'ai parfois fait, mais pour d'autres raisons) ainsi que les bords des blisters des médicaments (sic!).

1ère règle d'or : le rangement!

Il m'a fallu un mois avant que chaque objet trouve sa place. Résultat: je devais souvent vider les 4 sacoches pour trouver ce dont j'avais besoin. Mais j'ai fini par m'organiser et savoir à tout moment où se trouvait chaque objet. Il est important d'équilibrer le poids des bagages. Finalement, mes bagages se répartissaient comme suit:

- 1ère sacoche avant (= sacoche "sale"): matériel vélo et de réparation, trousse de couture, filtre à eau, réchaud, bassine, corde à linge, détergent vaisselle et petite éponge, gamelles et couverts, guêtres étanches, sac de couchage
- 2ème sacoche avant (= sacoche "propre"): livre, matelas, oreillers et taie, pharmacie, boussole, 2 petits cadenas, prise anti-moustiques, papiers dans porte-documents étanche, sac à viande, lampe, réservoir à eau, résistance électrique, radio, cape, réveil
- 1ère sacoche arrière: vêtements et cadenas
- 2ème sacoche arrière: tente, savon à lessive et brosse, trousse de toilette, nourriture, plastique pour s'asseoir, chaussures "de ville", tongs, petit sac à dos, guide de voyage, carnet de bord, sudoku (!), papier toilette


Petit zoom sur le matériel

- Tente Terra Nova : 890gr.
La hauteur centrale de 95 cm au milieu me permettait de m'asseoir, tout juste... Je pouvais ranger tous mes bagages sous le double-toit. Elle était bien étanche mais été cependant sujette à la condensation le matin, ce qui nécessitait d'attendre au moins une heure avant de la replier.
2 bémols à cette tente qui figure au Guinness Book des records: d'abord, les piquets d'origine, en fibre de carbone, ultra-légers, certes, mais très fragiles. J'ai dû en remplacer la moitié en cours de route. Ensuite, les fermetures éclairs qui ont donné des signes de lassitude après 100 nuitées. J'ai utilisé la tente 125 nuits.

- matelas auto-gonflant Prolite et kit de réparation (non utilisé) : bien isolant, très compact, assez long (190 cm), solide
- sac de couchage Lestra Light compact, 790 gr
- sac à viande "Thermalyte reactor": augmente de 8° la performance du sac de couchage. D'un grand confort et facile à laver, je l'ai mis dans mon duvet, ceci pour ne pas salir ce dernier
- sac à viande en soie
- 2 petits oreillers "avion" et taie: et oui, j'aime le relatif confort!
- bassine en plastique "Sea to summit" d'une capacité de 5 litres. Indispensable pour faire tremper le linge, se laver en camping sauvage, réparer une crevaison ou mettre l'eau à filtrer
- réchaud multicombustible: je n'ai eu que des ennuis avec ce réchaud que j'ai abandonné en cours de route. Au retour d'Amérique du Sud, j'ai acheté un campinggaz, parfait, mais je n'ai pas trouvé facilement des bonbonnes de gaz dans les pays baltes et en Finlande.
- gamelles en aluminium: une pour cuire les pâtes, avec couvercle pouvant faire office de poêle.
- lampe frontale Petzl à 3 niveaux d'intensité, mon kit "mains libres" d'éclairage, indispensable en camping mais aussi dans les hôtels mal éclairés d'Amérique du Sud ou pour rouler dans les tunnels
- filtre Katadyn: une cartouche en céramique me procurait à tout moment de l'eau potable. Pas nécessaire donc, de me balader avec des litres d'eau ou d'envahir davantage de plastique les nombreux dépôts d'immondices...
- "Platypus" 2 litres: réservoir à eau ultra-léger et ultra-solide
- résistance électrique : je devrais mettre ce mot au pluriel car j'en ai utilisé 8! Indispensable pour le café du matin, le thé du goûter ou pour préparer des nouilles instantanées.
- boussole: je ne l'ai jamais utilisée mais sa présence était rassurante, une fois que j'ai compris que le soleil tournait dans le sens inverse des aiguilles d'une montre dans l'hémisphère Sud et que le soleil s'y trouvait au Nord à midi!
- radio : pour rêvasser sous la tente et écouter la musique locale, Adamo en espagnol inclus!

Ce que je n'ai pas pris...

- GSM: alias téléphone portable. Je n'en suis déjà pas fan en Belgique, il me semblait être une énorme entrave à ma liberté en voyage. Otavio a bien essayé de m'en donner un de force à Belo Horizonte, craignant pour moi la traversée des favelas de Rio, mais qui aurais-je appelé à l'aide??

- GPS: j'en ai reçu un avant mon départ (merci à la famille Lefever), mais ai décidé de ne pas le prendre pour les raisons suivantes:
   1° j'ignorais si il y avait des cartes disponibles pour l'Amérique du Sud et les télécharger depuis internet me semblait une épreuve insurmontable
   2° il fonctionnait avec des piles d'une durée de vie de 10 heures. Je n'avais pas toujours accès à l'électricité pour recharger des piles et me suis refusé de consommer autant de piles jetables.
   3° je risquais de ne pas trouver de réseau partout et je devais de toute façon avoir aussi des cartes pour toutes les régions traversées
   4° c'est un signe de richesse bon à aimanter les voleurs de tous bords
   5° je n'avais plus de place pour placer le support sur mon guidon
   6° depuis ma plus tendre enfance, j'adore avoir le nez plongé dans une carte, que ce soit sur un plan des pistes aux sports d'hiver, en randonnée en montagne ou sur autoroute (nettement moins excitant...). J'ai trouvé partout des cartes plus ou moins correctes et ne me suis trompée de chemin que 2 ou 3 fois.

- assiette en plastique: elle aurait été utile dans les campings du Nord de l' Europe, équipés de fours à micro-ondes. Réchauffer les aliments dans leur emballage d'origine était douteux (regard réprobateur des Allemands si disciplinés à l'appui...) mais faisable.

Tout ce beau petit matériel ne m'a pas été volé, que ce soit en camping ou à l'hôtel. La plupart du temps, je mettais mon vélo dans ma chambre.
Les sacoches ont été pour moi la meilleure solution pour transporter les bagages, une remorque n'étant adaptée, d'après moi, qu'au camping; l'exiguïté de certains hôtels ne permet de garer qu'un seul vélo, et certainement pas une remorque.

Je rajoute une photo de ce que je n'avais pas dans mes sacoches, mais qui fera plaisir à Nathalie!

Par Paloma
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Jeudi 4 décembre 2008 4 04 /12 /Déc /2008 10:19

Je suis donc partie avec un vélo Da Silva en acier, de type randonneur. J'ai essayé d'en choisir les différents éléments sans trop regarder au prix, privilégiant la solidité, le confort et la facilité avec laquelle j'allais trouver des pièces de remplacement.
Lecteurs allergiques à la mécanique, passez votre chemin! Futurs voyageurs, puisse mon expérience vous aider à préparer votre voyage... Je ne vous parle que de mon vécu cycliste mécanique, je n'ai pas la prétention de donner des conseils car la mécanique, ce n'est vraiment pas mon fort! Les conseils de Yves, de la "Maison du vélo" ont été très précieux.

Mon vélo dans les détails...

-
roues 26 pouces et 6 rayons de rechange
Le diamètre de la roue est un standard disponible dans le monde entier. J'ai scotché les rayons de rechange à la barre transversale de la roue arrière et n'en ai utilisé aucun.

pneus Schwalbe Marathon XR avec bande réfléchissante
Pneus increvables, ou presque... De fait, j'ai eu une crevaison après 2191 km, la suivante (en fait, 4 ou 5 crevaisons d'affilée...) à 16.474 km, après un an et une semaine de randonnée.
Je n'ai pas été suffisamment vigilante et aurais dû changer de pneus un peu plus tôt, dans une ville où j'aurais pu en trouver de bonne qualité. Du coup, j'ai acheté en urgence ce que j'ai pu trouver, à savoir des pneus thaïlandais de piètre qualité; les crevaisons se sont succédées à un rythme effréné... Les Nimbus renforcés au Kevlar achetés à Narbonne étaient solides mais peu confortables. Je les ai échangés à Bruxelles en juin 2008 contre mes "Marathon" favoris. Je les ai utilisés en Europe du Nord durant 6818 km sans avoir de crevaison. Ces pneus sont confortables sur route mais également sur piste de terre ou de pierre.
Je maintenais toujours une pression de minimum 4 bars (risque de crevaison et de chute réduit, longévité du pneu, effort moindre) et ne gonflais mes pneus qu'aux stations services. Ma petite pompe manuelle avec manomètre m'a cependant été bien utile lors des multiples crevaisons le long de la Panaméricaine.
Le pneu arrière, qui supporte un poids plus lourd que l'avant, s'use plus vite; il convient donc d' intervertir les pneus quand le pneu arrière commence à s'user. Je l'ai fait à 10987 km.
Il convient d'avoir toujours une chambre à air de réserve, ceci afin d'éviter de devoir réparer la fuite au bord de la route. Il est plus confortable de le faire le soir à l'étape.
Quand le sort s'acharnait sur moi et m'imposait plusieurs crevaisons durant la même journée, ma bassine en plastique (remplie d'eau) m'a été d'une grande utilité, afin de déterminer le point de crevaison. Je gardais l'eau de la bassine en prévision de la crevaison suivante, autre précaution indispensable quand on traverse des zones peu habitées...
Une pince à épiler pour déloger un éventuel corps étranger du pneu m'a aussi été utile. J'ai également placé des rustines à l'intérieur du pneu quand le trou était trop grand.
J'ai mis de nouveaux fonds de jante à Murcia (17078 km).


- changement de vitesse (27) Shimano Deore
J'ai dû changer le dérailleur avant après 21.140 km

- freins V-brake
Mis à part les patins d'origine, je n'ai utilisé que 5 paires de patins. En randonnée, on freine beaucoup moins qu'en ville, sauf dans les descentes, à moins d'être suicidaire.

- chaîne et cassette
Afin de ne pas user précocement la cassette arrière, j'ai changé de chaîne après 3675 km. A 12900 km, j'ai remis la 1ère chaîne. A 19441 km, j'ai remplacé chaîne et cassette. L'idéal, d'après mon vélociste, serait d'échanger (pas de changer!) les chaînes tous les 1000 km; mais ça, ce n'est vraiment pas pour moi!


- outils multi-fonction
2 petits outils comprenant : démonte-chaîne, clé à rayon, tournevis cruciforme, tournevis à bout plat,  5 clés hexagonales Allen, 5 clés plates  
                                             
- 
guidon ergonomique à cornes
Il m' a permis de varier les points d’appui mais n'a pas empêché les fourmillements dans les bras et mains.

- porte-bagages avant et arrière Tubus

Ils ont été infaillibles.

- 
bloque-roue arrière
Accessoire absolument indispensable, qui a fait l'admiration des Sud-américains qui n'en avaient jamais vu. Bizarre, alors que cet accessoire est présent sur tous les vélos asiatiques. J'ai abandonné devant tous les supermarchés mon vélo chargé avec pour seule entrave le bloque-roue. On ne m'a jamais rien volé! J'avais aussi au départ un lourd cadenas, que j'ai abandonné avant de prendre l'avion pour le Brésil. Je l'ai remplacé par un cadenas plus léger et forcément moins fiable, mais ô surprise, il n'a jamais été coupé. Ceci dit, je l'ai très peu utilisé, je n'ai pas un caractère très méfiant.

- pédales amovibles avec cales-pied en plastique et lanières en cuir
Les cales-pied, bien, les lanières, pas bien, car elles empêchent le pied de se dégager rapidement et ont été pour moi source de chutes. Je les ai donc retirées au Pérou.
Le fait d'avoir des pédales amovibles s'est avéré très pratique. Pour embarquer le vélo dans un avion ou dans un car, d'abord, pour prévenir le vol du vélo, ensuite. Le voleur aurait été quelque peu désappointé de se retrouver avec un vélo sans pédales... Donc, à conseiller.
 

- 1 compteur sans fil VDO 

Les compteurs sont réputés fragiles, pas toujours fiables, surtout sans fil. Je ne suis pas fan de gadgets électroniques et ai pris le modèle le plus simple qui m'indiquait l'heure, la vitesse et le kilométrage. Donc, pas d'affichage de la vitesse moyenne journalière ni de la vitesse de pointe.
Je suis tombée sur un bon numéro car il est toujours vivant! Je devais cependant réajuster le kilométrage car il indiquait environ 7 km de trop/100 km. Les piles n'ont été changées qu'une fois (elle sont sensées durer 1 an!), malgré l'usage intensif de l'appareil.

- 
3 portes-bidon
2 portes-bidon pour l'eau (500 et 750 ml), un pour le combustible (pour mon réchaud, pas pour moi).
Après le décès prématuré de mon réchaud multicombustible, j'ai retiré le porte-bidon contre lequel frottaient les câbles arrière.

- 1 solide béquille
Celle-ci a été d'une solidité à toute épreuve, supportant sans faillir le poids du vélo chargé. C'est un accessoire absolument indispensable.

1 selle San Marco
Elle s'est crevassée et j'ai dû la changer à Berlin après 25383 km. 

- 1 phare arrière à piles
Je ne voulais pas de phare car j'avais décidé au départ de ne jamais rouler de nuit. Yves avait malgré tout mis un phare arrière à piles sur mon vélo. Il m'a été bien utile lors de la traversée de tunnels, cas de figure auquel je n'avais pas pensé au départ. Ma lampe frontale de camping faisait office de phare avant
  en cas de besoin.
Je n'ai roulé que 2 fois la nuit. La 1ère fois s'est soldée par une chute à Joao Pessoa (j'ai buté sur une bordure et fait un beau vol plané), ce qui m'a permis de connaître les joies d' un hôpital brésilien, et la 2ème randonnée nocturne s'est déroulée à Berlin sans incident.


- 5 sacoches étanches Ortlieb (2 à l’avant, 2 à l’arrière et une sur le guidon avec porte-carte)
Le sacoches, impeccables! Je ne suis jamais tombée dans une rivière pour en tester l'étanchéité mais elles ont bien résisté à la pluie. Autre atout: la difficulté de les retirer du vélo pour qui ne connaît pas le mécanisme. Nombreux sont ceux qui ont voulu m'aider à détacher mes sacoches mais qui n'y sont pas parvenus; excellent moyen anti-vol, en fin de compte.
Étanchéité veut aussi dire macération. Il convient donc de les aérer régulièrement pour ne pas avoir de condensation. Je l'ai appris à mes dépens le jour où j'ai découvert un outil tout rouillé.
Le fond de la sacoche avant gauche s'est troué car, placé à +- 15-20 cm du sol, il a frotté plusieurs fois contre des bordures de trottoir.
La sacoche de guidon me servait aussi de sac à main; pas très élégant, je vous l'accorde, mais très pratique. Le porte-carte s'est fendu après 15.000 km, chaleur, soleil et mouvement des cartes obligent... Je l'ai remplacé à Berlin et ai constaté sur la notice qu'il était garanti 5 ans... Mais je n'avais pas la facture avec moi.

- 1 casque
Il était la plupart du temps accroché à mon porte-bagages arrière. Je le mettais cependant dans les grandes descentes et en cas de circulation urbaine critique.

- matériel de rechange
1 boîte de rustines, 1 chambre à air, 3 démonte-pneus en plastique (remplacé une fois), 2 paires de patins de freins, 1 câble de frein arrière, un câble de dérailleur arrière, 6 rayons, ruban adhésif, liens en plastique, huile, brosse à dents usagée, 1 chaîne, 1 clé démonte cassette Shimano. Je n'ai jamais utilisé les câbles, rayons et clé démonte cassette. Les liens ont été très utiles pour refixer le compteur ou le garde-boue.

J'ai fait 6 visites d'entretien chez des vélocistes: à Séville (3019 km), Joao Pessoa (3675 km), Belo Horizonte (6792 km), Arequipa (12914 km), Santiago de Chile (16742 km) et Bruxelles (19441 km). Le seul pépin majeur que j'ai eu est la rupture de l'axe de la roue avant, dans un petit village balnéaire du Chili. La providence avait placé un vélociste sur mon chemin. Mais il a placé des billes de différentes tailles dans l'axe, du jamais vu à la "Maison du vélo"!

J'ai trouvé des magasins de vélos un peu partout et et n'ai donc pas eu à regretter de ne pas avoir pris plus de matériel de rechange. Mon seul regret est de ne pas avoir changé plus vite ma 1ère paire de pneus.

Par Paloma
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Lundi 24 novembre 2008 1 24 /11 /Nov /2008 16:36

Quelques petits conseils pour ceux qui seraient tentés par une aventure à vélo...

 

En préparant mon voyage (si peu...), je suis partie des constats suivants:

 

- je n'ai pas pour habitude de me balader, ni même de vivre avec une grosse pharmacie; les conseils qui suivent n'ont pas la prétention d'être une panacée 

- je suis infirmière diplômée en médecine tropicale

- je jouis d'une excellente santé, j' ignore ce que sont vomissements ou fièvre

- on trouve presque partout des pharmacies, même dans les coins les plus reculés

- mon itinéraire n'est pas établi et j'ignore si j'irai dans des zones touchées par la fièvre jaune ou le paludisme

 

Vaccins

 

Tétanos, polio, hépatite A et B, fièvre typhoïde, fièvre jaune, rage

 

Carnet international de vaccination

 

A posteriori, je réalise que le plus grand danger durant mon voyage n'était pas de me faire renverser par un camion, ni de me faire attaquer, violer ou assassiner, mais bien de me faire attaquer par un chien... J'ai évité le pire un jour en Argentine (voir article "Vers le Nord-Ouest argentin").

 

Le mieux à faire en cas d'attaque de chien, et dans l'ordre :

- surtout, ne pas s'enfuir, ça ne fait qu'exciter davantage l'animal qui, de toute façon, rattrapera le cycliste

- interposer le vélo entre le chien et l'animal, difficile à faire face à une meute

- crier à pleins poumons "fous le camp" ou toute autre injure qui passe par la tête; étonnant de constater à quel point tous les chiens comprennent le français...

- prendre une pierre et la lancer vers le chien; éventuellement, en garder une à portée de main dans la sacoche de guidon

 

Il semble qu'il existe un appareil émettant des ultra-sons qui écarte les chiens.

 

Je ne peux donc que recommander fortement le vaccin contre la rage.

 

Pharmacie de départ

 

- traitement anti-paludique (Malarone), non utilisé

- antibiotique à large spectre (Levofloxacine=Tavanic), non utilisé

- anti-inflammatoire (Piroxilam=Feldène), 2 cp utilisés

- anti douleur (Paracetamol), utilisé pour douleurs dentaires

- antidiarrhéique (Loperamide=Imodium), une boîte utilisée

- contre le brûlures : un fond de Biaphine, utilisé 2 fois

- 5 sparadraps

- somnifère (Lormetazepam=Noctamid), 10 cp utilisés

- une boîte de sel de Nigari (magnésium) et une de vitamine C

- 1 lame de bistouri pour la 2ème partie de mon voyage (Europe du Nord), utilisée pour inciser ma verrue plantaire

- bracelet anti-moustique, d'une inefficacité remarquable

- crème solaire

 

 

Médicaments achetés en cours de route

 

- vermifuge, pendant mon épisode de 21 jours de diarrhée sans fièvre (je vous passe les autres détails) au Pérou

- anti-histaminique (Loratadine), lors de mon épisode d'allergie au vin de Cafayate en Argentine

- antibiotique (Amoxicilline) pour abcès dentaire

- isobétadine dermique, après ma suture au genou et sparadraps imperméables

NB: impossible de trouver en vente libre au Brésil (on peut les comprendre...) une lame de bistouri pour couper les fils de ma suture > système D, coupe-ongle et pince à épiler

- contre les moustiques : Autan en stick, prise électrique

 

Pour limiter le volume et le poids des bagages, je n'ai pas pris les boîtes de médicaments. J'ai mis les comprimés dans des petits sachets en plastique et me suis contentée de découper une partie des notices.

 

Passer mon corps à la loupe...

 

En 18 mois de randonnée et 26259 km...

 

- j'ai perdu 10 kg, 4 cm de tour de taille, 10 cm de tour de hanches, 10 cm de tour de poitrine, 5 cm de tour de cuisse

 

- j'ai eu continuellement des fourmillements dans la main et le bras droits, m'imposant des arrêts toutes les heures

 

- mes fesses ont été mises à rude épreuve: furoncles sur les ischions, épaississement de la peau. Le mieux est de mettre une crème hydratante bien grasse sur les fesses et le coccyx

 

- j'ai eu des réactions allergiques au vin (Argentine), à des plantes (Brésil), à des insectes

 

- j'ai fait 6 chutes, chaque fois toute seule, dérapage ou déséquilibre à cause du poids des sacoches. Égratignures aux genoux, hématome à la paume de la main, d'où l'utilité de porter des gants de cycliste en toutes circonstances.

Ça s'est nettement amélioré après avoir enlevé les lanières de mes cale-pieds, qui m'empêchaient de retirer assez vite mes pieds des cale-pieds. Une chute a nécessité 4 points de suture au genou.

 

- mes maux de dos chroniques ne m'ont fait souffrir que le matin, au moment de sortir de ma tente; je me sentais vieille et rouillée

 

- j'ai eu 2 épisodes de diarrhée, le 1er de quelques heures, le 2ème de 21 jours, au Pérou. En cause, soit 500 gr d'épinards frais mais cuits, soit, plus probablement, 1/2 verre d'eau du robinet non filtré. J'ai utilisé un filtre en céramique Katadyn, léger, pratique, assurant partout un approvisionnement en eau potable et limitant la production de déchets plastiques.

 

- j'ai constaté une pousse accélérée des ongles des mains, non sollicités sur le guidon du vélo; comme quoi, les ongles s'usent par frottement

 

- at least but not least : j'ai consulté pas moins de 6 dentistes, au Brésil, en Argentine, au Nicaragua et en Espagne! Ce sont finalement mes dents qui m'ont causé le plus de soucis...

 

Bref, je n'ai eu aucun souci majeur de santé, ma pire crainte étant de me retrouver seule dans le coma suite à un accident de la route. Mais je savais aussi que personne n'allait me laisser moribonde au bord de la route.

Par Paloma
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Jeudi 16 octobre 2008 4 16 /10 /Oct /2008 18:02
J'entre en Allemagne, et j'ai vraiment l'impression d'être poussée dans le dos par l'hiver... En moyenne 11° le jour et 5° la nuit. Mon nouveau caleçon cycliste est parfait, chaud quand il fait froid, pas trop chaud quand il fait chaud, presque sec quand il pleut.
J'aborde donc l'Allemagne par l'Estet cherche partout les légendaires blocs de béton gris construits à l'époque de la RDA. Les clichés ont la vie dure, j'en vois quelques uns, de ces immeubles, mais pas plus que chez nous et pas plus laids. Par contre, je traverse de jolis villages fleuris avec des maisons anciennes à colombages; les routes sont bien entretenues, les pistes cyclables parfaites et les nombreux cyclistes me saluent. L'automne est là et mes pneus font peu de cas des marrons et de leurs coques aux épines menacantes.


A Neubrandenburg, je suis accueillie par Anne et Marcus qui sont partis en forêt cueillir des champignons. Superbe fricassée pour cycliste affamée et accueil vraiment attentionné. Le blog de Marcus le cycliste est plein de chiffres (km parcourus, vitesse moyenne quotidienne, nombre d'heures à pédaler...). Rien à voir avec le mien dont la prose prime sur la performance. Neubrandenburg, largement bombardée à la fin de la guerre, comptait 90.000 habitants avant la réunification; elle n'en compte plus que 60.000, par manque d'emplois. Usines fermées, restructurations, la réunification n'a pas fait le bonheur de tout le monde... Je me repose, écris un article sur les pays baltes, alors que j'ai déjà quitté la Pologne, fais un clic de trop et perds l'article, réécris l'article, décidément, j'ai besoin de repos! Il est vrai que je ne me suis guère arrêtée en presque 3 mois.

Les petites routes qui me mènent à Berlin sont très pittoresques, parsemées de lacs, malheureusement gris sous la pluie. Dans un village, je trouve une affichette "ubernachtung fur radler" (hébergement pour cycliste). Je m'y reconnais immédiatement, on me propose une caravane d'un autre âge dont l'intérieur m'a laissée rêveuse... Un vieux tourne-disque, un tas de 33 et 45 tours, une radio des années 60 au son grésillant. Je l'allume et la voix de France Gall jaillit, suivie de Pink Floyd puis de U2. Je suis aux anges et délaisse la télévision en plastique rouge. Mon hôte place mes chaussures devant la flamboyante cheminée (mais Saint-Nicolas ne passera pas), me prête ses pantoufles et m'invite au petit-déjeuner. Mon séjour en Allemagne s'annonce bien.






Étape suivante: Berlin! Avec Bruxelles, c'est la capitale dans laquelle je suis entrée avec le plus de facilités. Routes calmes, banlieues résidentielles, pas d'attrape cycliste du style se retrouver face à une autoroute sans autre alternative. Je tends le cou pour reconnaître l'ex Berlin Est, Berlin Ouest, mais c'est peine perdue. Seul le tracé de l'ancien mur permet de se situer.
La réunification a coûté cher, très cher même, et la ville de Berlin est au bord de la banqueroute; le long de l'ancien mur, où il n'y avait que des terrains vagues, ont été reconstruits des immeubles modernes, des parcs... La ville est étendue, on ne s'y sent pas à l'étroit, les loyers sont attractifs et la population jeune. De nombreux bâtiments officiels ont été réaffectés, tout cela est largement expliqué dans plusieurs musées. Pourtant, j'ai bien cru ne pas pouvoir en profiter, auberges de jeunesse et hôtels affichant tous complet, marathon de Berlin oblige. La seule chambre disponible coûtait la bagatelle de 1950 Euros pour 3 nuits, sûrement le genre d'hôtel où on aurait regardé avec stupeur une cycliste propre sur elle mais aux sacoches pleines de boue... En insistant cependant, on m'a indiqué un camping à 12 minutes à pied de la Porte de Brandenburg. Parfait pour moi, sauf que la fermeture éclair de ma tente ne ferme plus et que les nuits sont vraiment fraîches.


Je marche beaucoup dans Berlin, me soumets aux portiques de détection dans tout ce qui a trait aux juifs, sécurité oblige. Memorial de l'holocauste, musées, checkpoint Charlie, églises, châteaux, j'arpente la ville en tous sens durant 3 jours et regretterai plus tard de ne pas y être restée plus longtemps.


Pour arriver à Potsdam, je traverse lacs et forêts, c'est superbe et c'est encore Berlin. Il fait très beau et je profite du parc Sans Souci, de ses châteaux rococo, des quartiers russes et hollandais. Il y  a énormément de touristes, tout comme à Berlin.

J'ai été invitée à Weimar par Ewa, Helmut et leurs 3 enfants, rencontrés en Finlande. Pour arriver chez eux, je passe par Lutherstadt, ville où vécut Martin Luther, et Halle. Ces villes ont beaucoup de charme et de cachet, les étudiants Erasmus y sont nombreux. Il fait froid, pluvieux, et le dernier jour, j'ai même droit à une tempête avec vent de face; je ne dépasse pas le 8 km/heure en terrain plat. Ça ne m'était pas arrivé depuis le Nord de l'Uruguay. Partout, les gens sont aimables et courtois, c'est vraiment agréable. Et les automobilistes respectent les cyclistes.
Weimar est la ville natale de Goethe, il y a plein de choses à visiter, les icônes russes du musée du château sont de toute beauté. Le samedi, Helmut jardine, Ewa prépare un bon repas, Jonas est parti à la pêche à la carpe, Wanda lit dans le jardin emmitouflée dans une couverture, Cecylia me fait un beau dessin et moi je prépare la suite de mon itinéraire sur internet. Je me sens bien, comme chez moi chez les Krauss, tous aussi sympathiques les uns que les autres. Ils ont la bonne idée de m'amener au sauna; il y a 6° dehors. Un des saunas est dans une cabane en bois plantée au milieu d'un beau jardin flanqué d'une piscine non chauffée. Dans le sauna, on nous offre des tranches de fruits trempés dans du schnapps et des glaçons, également arrosés d'un peu de schnapps; je n'en comprendrai que plus tard l'utilité. Un "officiant" arrose les braises de schnapps, ventile l'air à l'aide d'une serviette avec beaucoup de sérieux, la chaleur devient presque insupportable et c'est la qu'interviennent les glaçons. Quel bienfait sur les oreilles brûlantes... Ensuite, on sort pour se plonger dans la piscine. Les corps nus fument dans la fraîcheur du soir, c'est magique. 

Dans 5 jours, je serai en Belgique. Il fait froid, pluvieux, je me sens près du but et loge dans des petits hôtels, faute de campings. Je me sens devenir pantouflarde... Le soir, je cuisine discrètement dans ma chambre sur mon campinggaz. Tous les soirs, compotes de pommes, je continue à chaparder le long des routes...
Le pays est très vallonné, les côtes parfois très raides mais jamais plus longues que 5 ou 6 km. Après la ville d'Eisenach, je passe l'ancien Rideau de fer. Seul un panneau avec vieilles photos l'indique.
Ingrid et Vincent m'attendent de l'autre côté de la frontière, à côté d'Eupen. Mais j'ai mal évalué la distance et devrai prendre un train le dernier jour pour arriver à temps à mon RV. Tous les trains sont accessibles aux cyclistes, il y a un emplacement spécial dans chaque wagon, la SNCB et le TGV pourraient suivre leur exemple... Plutôt que de passer par Cologne, je longe donc la ligne de chemin de fer et le Sieg, rivière aux larges méandres. A Ziegen, je vois des femmes voilées, et je réalise que ce sont les 1ères que je vois depuis Copenhague, ou à peu près.

Je passe la frontière sans m'en apercevoir, si ce n'est que, tout-à-coup, le soleil se pointe, et que je suis frappée par le nombre impressionnant de vaches laitières. Je suis dans le pays de Walhorn et d'Aubel. Je retrouve avec beaucoup de plaisir Ingrid et Vincent. Copain le chat a piètre allure depuis son accident de roulage.
Curry de gambas d'après une de mes recettes, gâteau à la noix de coco, et surtout, conversation à bâtons rompus, c'est super d'être accueillie de cette manière.
J'abandonne mon matériel de camping pour la dernière étape, et alors que j'avais l'impression que le poids des sacoches était devenu insignifiant, je réalise que j'avance quand même plus rapidement avec une partie de mes bagages en moins.

Je me sens chez moi, Wallons ("madame, un petit massage avant d'entamer la montée?") comme flamands sont d'une gentillesse incroyable. Mais je persiste et signe (pardon, JP), les routes wallonnes sont les moins bien entretenues de celles que j'ai parcourues en Europe et les bonnes pistes cyclables flamandes rendent les nationales flamandes presque agréables... Visé, Tongres, Saint-Trond, Tirlemont, Louvain, Tervueren, Woluwé (bise rapide à maman), Schaerbeek, je trace lors de cette dernière étape de 144 km pour me retrouver chez moi, au point culminant de Bruxelles, à 106 mètres d'altitude.


Retour à la case départ...
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Par Paloma
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Vendredi 3 octobre 2008 5 03 /10 /Oct /2008 13:34

Le but de la 2ème partie de mon voyage était de visiter la Scandinavie et les pays baltes; je considérais, bien à tort,  la Pologne et l' Allemagne comme étant des pays de transit sur la route du retour vers la Belgique. Pas de guide de voyage pour ces 2 pays, mais une vieille carte qui donne de 1 à 3 étoiles aux endroits intéressants à visiter.
Ma 1ère impression en entrant en Pologne est que les maisons sont beaucoup mieux entretenues que dans la partie de la Lituanie que je viens de traverser. Les vaches peuvent gambader à leur guise dans les prairies, les gens sont aimables et souriants et les routes sont parsemées de statues de la Vierge et de crucifix. J'étais entrée dans le monde catholique en Lituanie, en Pologne, je suis en plein dedans. On retrouve l'église au milieu du village.


La langue est beaucoup plus facile à appréhender que dans les pays baltes, l'écrit du moins. On peut deviner facilement la signification de nombreux mots, et ça aide beaucoup. Mais les gens parlent peu de langues étrangères, ou alors c'est le russe et parfois l'allemand.
Les Polonais ont des petites voitures, les nombreuses Fiat 125 et 126 attaquent avec ardeur les petites courbes des routes. A voir l'état de certaines voitures, je ne suis pas sûre de l'existence d'un contrôle technique. Les pistes cyclables sont rares mais les routes peu fréquentées.

Il y a peu de campings, mais des chambres chez l'habitant, avec salle de bain et cuisine, pour la modique somme de 10 Euros. Pour le décor, on se croirait dans les années 60. Rideaux à grands motifs géométriques orange et brun, table en formica, papier toilette qui ressemble à une râpe à carottes, poubelles en fer comme quand j'étais petite... Les lits sont très mauvais mais l'accueil toujours excellent.

Le fait de suivre les étoiles de la carte réserve de bonnes surprises. Basilique jésuite avec cloître, châteaux, belles églises, presque toujours en briques rouges. Les villages sont beaux, des festivités se préparent; à mon avis, ça doit être la fête de la fin des moissons. Mais comme je ne parle pas le polonais, personne ne peut m'éclairer sur ce point. Toujours est-il qu'on peut admirer dans les villages d'énormes bonshommes faits de ballots de paille, avec des tournesols à la place des yeux et une courgette en guise de nez. Vraiment joli d'autant plus que c'est inattendu.


Au départ, j'hésitais entre passer par le sud de la Pologne et Cracovie, et le Nord et Gdansk. Comme la météo semblait plus clémente dans le Nord, j'ai opté pour cette 2ème solution. Gdansk, ville millénaire, est absolument superbe. Ses maisons, de style "maniériste hollandais" (je vous cite la brochure en français de l'office du tourisme) ont beaucoup de cachet et la grue du port est impressionnante. C'était la plus grande de l'Europe médiévale, elle servait au transbordement et au dressage des mâts sur les navires.


Il continue à faire froid mais j'attends un possible été indien avant d'abandonner mon short dans un container à vêtements... Ici, les magasins de seconde main sont légion, on sent que les gens ne vivent pas dans le luxe. On trouve de quoi s'alimenter en abondance, mais je flâne longtemps parmi les rayons des supermarchés, je ne sais plus quoi manger et on ne peut pas dire que la Pologne soit la championne de l'épicerie fine, tout comme ses voisines du Nord, d'ailleurs...


Je traverse une région de petites collines parsemée de lacs.  Malheureusement, il fait gris. Je continue à rouler de 90 à 134 km par jour, je ne sens plus le poids de mes sacoches. Je ne croise presque plus de cyclistes et mes contacts avec les gens se limitent presque à les interroger sur l'itinéraire. On ne se comprend pas, mais ils n'hésitent pas à prendre un bâton, à tracer l'itinéraire dans la terre et à assurer que j'ai bien compris. A Gdansk, un monsieur a même eu la gentillesse de téléphoner à l'auberge pour demander comment y arriver. Vraiment serviables.... C'est le Tour de Pologne, les cyclistes belges, semble t'il, ont gagné certaines étapes et les Polonais sont très fiers pour moi.


En 2012, la Pologne accueillera l'Eurofoot. Suite à un appel d'offre, les Chinois ont obtenu le marché pour construire stades et routes, à moitié prix par rapport aux autres candidats. Viendront-ils avec des millers d'ouvriers chinois?? Quand je pense aux nombreux ouvriers polonais qui viennent travailler en Belgique dans la construction...

Je quitte la Pologne par Szczecin (ceci pour vous montrer à quel point les Polonais aiment les successions de consomnes...). Côté polonais, il y a plein d'échoppes qui vendent fruits, légumes, vêtements bas de gamme, cigarettes... Il y a aussi beaucoup de salons de coiffure. On est samedi et les Allemands sont nombreux à venir y faire leurs emplettes. Je vais vers Neubrandeburg où j'ai été invitée par Marcus,un cycliste rencontré à 2 reprises en Finlande.

Par Paloma
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Lundi 22 septembre 2008 1 22 /09 /Sep /2008 20:46
Estonie, Lettonie, Lituanie... Je les aborde par le Nord en commencant par Tallinn, la capitale estonienne. Très jolie ville médiévale, elle déploie ses charmes au fur-et-à-mesure que le soleil se dégage, ce qui n'est pas une mince affaire. Je vois pour la 1ère fois des talons aiguille et les Estoniennes ne craignent pas de braver les gros pavés de la vieille ville. Sur la grand'place, j'assiste à une cérémonie en l'honneur des 3 médaillés des JO de Pekin.


Plus loin, la route est en travaux; je me retrouve crottée jusqu'au cou, et mon vélo de même. Certaines petites villes ont des allures d'ex URSS, du moins comme je l'imagine, avec d'anciens magasins d'état et des immeubles abandonnés parfois vraiment lugubres.

Parnu est une charmante petite ville, coincée entre mer et rivière, d'un calme parfait, trop peut-etre... Le calme est quelque chose qui me frappe vraiment partout dans le Nord de l'Europe.
Dans les campings, je passe souvent la soirée avec d'autres cyclistes et les adresses en Pologne et en Allemagne commencent à s'accumuler dans mon carnet. Il y a beaucoup de villas à vendre, certaines bien retapées, d'autres dans un état catastrophique. La côte est superbe et sauvage. En 3 jours, je suis sortie du pays. Je dois m'habituer à éliminer ma mitraille car je ne suis plus dans la zone Euro.



En Lettonie, la langue est toujours aussi difficile à comprendre et quoiqu'on en dise, les gens qui parlent l'anglais sont vraiment rares. Il parlent bien davantage le russe ou l'allemand. Je me débrouille vaille que vaille en allemand et deviens experte en langue des signes. Mais même avec ca, il n'est pas toujours facile d'entrer en contact avec les gens. On me tourne souvent carrement le dos d'un air revêche. J'y retrouve un peu le comportement rencontré à Prague en 1983.

Sur la route, je dépasse un cycliste hongrois désespéré par les crevaisons successives à son pneu arrière. Il est lourdement chargé à l'arrière et son pneu Schwalbe identique aux miens a vraiment piteuse allure, alors qu'ils ont le même kilométrage. Je lui suggère d'intervertir les pneus, et là, il m'a prise pour une super mécano et s'est maudit de ne pas y avoir pensé plus tôt... Comme quoi, on peut faire illusion avec peu de choses...

Les campings sont rares, souvent déjà fermés, toujours désertés et dans des cadres superbes.
 Le calme est garanti en bord de mer mais il commence à faire froid, 3 degrés la nuit et je dois sortir ma panoplie de vêtements hivernaux. Le vent souffle du Nord-Est, ca tombe bien car je vais vers le Sud-Ouest, mais si mes calculs sont bons, il vient de Sibérie! La côte est sauvage, le sable blanc et les longues plages désertes. Le camping sauvage est interdit, mais je n'ai pas toujours le choix; j'adopte donc la technique du camoufflage et ca me permet d'apercevoir biches et piverts.





J'arrive à Riga qui, d'emblée, me plaît, d'abord par son animation, ensuite par ses bâtiments Art Nouveau, ses parcs superbement aménagés sillonnés par une rivière et des canaux.Mais les Lettons ne sont pas toujours très aimables avec les touristes étrangers. Les employés de certains offices du tourisme souffrent du syndrôme du fonctionnaire mal payé et démotivé.

Au musée de l'Occupation (nazie puis soviétique), j'essaye de me dépatouiller avec l'histoire régionale du XXème siècle, vraiment très complexe. Pays baltes indépendants, intégrés à la Prusse, un peu à la Pologne, à l'URSS. Les conditions de déportation en Sibérie semblent avoir été particulièrement pénibles et marquantes.

Près de Riga, la ville de Jurmala, équivalent letton de la Riviera francaise qui accueillait autrefois les vacanciers soviétiques bien nantis est une très jolie ville avec de belles villas.

La cueillette des champignons est ici, tout comme en Estonie, en Lituanie et en Pologne, un sport national. J'adore l'expression du guide LP "to go mushrooming", activité destinée aux visiteurs actifs, tout comme l'observation des oiseaux (sic!).




Partout dans les bois, les gens partent à la cueillette des champignons puis reprennent le bus sur les routes désertes. Je suis condamnée à acheter des champignons dans les supermarchés car je n'y connais rien, le comble quand je contemple les forêts qui en regorgent...
Seulement 40% des ménages à la campagne possède une voiture et le vélo semble être le véhicule du pauvre. Les pommiers ploient sous le poids des fruits murs et je n'ai qu'à me baisser pour avoir une collation. Le paysage devient plus vallonné, certaines collines culminent à 200 mètres.
Je passe par Liepaja qui fut le 1er port pour les sous-marins russes.Les quartiers autrefois réservés aux militaires commencent tout doucement à être à nouveau occupés.

J'entre en Lituanie par la côte et là, c'est la grande surprise du voyage: une piste cyclable longue de 100 km longe toute la côte. On est dimanche, le soleil brille, j'ai pu remettre mon short et les gens profitent des petites stations balnéaires. Je traverse des dunes et des pinèdes, c'est vraiment joli.

A Klaepeda, je prends un petit bac pour rejoindre la péninsule de Courlande. Les vents et courants marins, entassant le sable, ont dessiné un des plus longs cordons littoraux au monde, colonisé par des pins et séparé du continent par une lagune. Rien qu'à la voir sur une carte, cette longue bande de sable attire, et la parcourir à vélo, c'est encore mieux. Les plages ont des sections hommes, femmes et mixte. Dans la section femmes, le nudisme est de rigueur, ca tombe bien car mon maillot est tout au fond de ma sacoche. Des jeunes gens ont trouvé le truc pour se rincer l'oeil et parcourent la plage à vélo, ou du moins en poussant leur vélo dans le sable mou, et je ne suis pas sûre que le spectacle soit à la hauteur de leurs efforts...
Les villages sont soignés, les maisons colorées et ornées de jolies girouettes.



J'arrive à Nida, agréable station balnéaire où se trouve la dune la plus élevée de la péninsule. Au delà, c'est l'enclave russe de Kaliningrad. Impossible d'y entrer sans visa préalable. Jusqu'en 1945, Kaliningrad fut allemande (Konigsberg), entre les 2 guerres, elle fut séparée del' Allemagne par la Pologne et en 1945, l'Armée rouge s'est emparée de la région.


Je devrai donc contourner l'enclave pour gagner la Pologne voisine, ce qui me prendra 6 jours. Je suis sur la route de l'ambre, précieuse résine de pin fossilisée.
Pour traverser la péninsule, je prends un bateau pour arriver dans le delta de la Nemunas. Très joli paysage, jalonné par les postes frontières et les miradors vers la Russie voisine. J'apercois régulièrement des nids de cigognes et ca tombe à pic car je suis justement en train de lire "le vol des cigognes".
Les prairies ne sont pas clôturées, les vaches tournent autour d'un pieu fiché dans le sol et pour la traite, rien ne vaut la vieille méthode artisanale: un petit tabouret en bois, un seau en fer coincé entre les 2 cuisses, et on travaille des poignets.


Pour quitter la Lituanie, j'emprunte des pistes de terre et j'arrive en Pologne sans m'en rendre compte. C'est un passant qui me le dira.

Par Paloma
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Mardi 2 septembre 2008 2 02 /09 /Sep /2008 20:27

Voici la photo d'une affiche qu'on retrouve un peu partout dans les rues de Riga...


Par Paloma
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Mercredi 27 août 2008 3 27 /08 /Août /2008 09:21
En quittant Tampere, je suis passée près de la ville de Nokia, fleuron de la technologie finlandaise. En voulant prendre un raccourci, je me suis même retrouvée dans un gros hôpital psychiatrique, de type pavillonnaire. Des patients à qui je demandais mon chemin m'ont proposé d'aller boire un café avec eux... Rencontre insolite...

Les routes ne sont pas mauvaises en Finlande, il y a parfois des pistes cyclables, mais elles ont de grosses bordures, un peu hard avec les sacoches! Ce n'est pas ici que les petits papies pourraient foncer en chaise électrique, ils se rompraient les os qu'ils ont par ailleurs très fragiles...
Comme dans les autres pays scandinaves, il y a des grandes cartes le long des routes, très commodes pour se repérer avant de pénétrer dans une ville. Mais elles sont vraiment mal faites, imprécises, incomplètes, le graphisme, ce n'est pas leur point fort!

La pluie m'accompagne, jamais très forte mais toujours présente. J'hésitais entre visiter la région des lacs, à l'Est, région la plus pluvieuse du pays, ou me rendre dans l'archipel d'Oland, au Sud-Ouest, qui jouit d'un microclimat et compte le plus de jours d'ensoleillement du pays. Brochures alléchantes où le ciel est toujours bleu, les gens toujours souriants et habillés léger... Je choisis donc Oland.
Sur la route d'Oland, arrêt à Rauma puis passage par l'archipel de Turku. Dans un camping, on m'offre un joli bungalow en rondins pour le prix de l'emplacement de la tente. Le patron est-il un ami des cyclistes? La question me taraude et j' en ai bientôt la réponse; un jeune cycliste vient planter sa tente sur le gazon mouillé. Donc, égalitaires et peu sexistes, les Scandinaves n'en sont pas moins galants et respectueux des femmes d'âge mur...

L'accès à Internet ne pose pas trop de problème; chaque office du tourisme met des ordinateurs à la disposition des touristes; je peux y consulter rapidement mes mails. Dans chaque village de quelque importance, il y a une bibliothèque avec des PC gratuits. Vraiment pratique dans un pays sans cybercafé! Et sans cabines téléphoniques; 103 téléphones portables %habitants.
La langue finnoise qui rime avec chinoise me réserve de drôles de surprises au moment des repas: présumés épinards qui sont en fait du cerfeuil (avez-vous déjà mangé 200 gr de cerfeuil avec des pâtes?), dés de quorn aux légumes (sur l'emballage) qui ne sont que du quorn (pâtes et quorn font un mélange un peu sec au fond des bois), yaourt vanille qui est en fait de la crème vanille, raisins qui surgissent dans la mie du pain.

Oland, 6500 îles, est une région autonome de Finlande qui possède ses propres plaques d'immatriculation, drapeau, timbres postes, suffixe www. et ou on parle le suédois. Ses habitants ont voté par référendum leur adhésion à l'UE. J'ignore ce qui se serait passé si le non l'avait emporté car Oland fait bien partie de la Finlande qui est le seul pays scandinave à avoir adopté l'Euro.
Le Gulf Stream est là, m'apportant 6 jours sans pluie, ou presque! Inouï, je me sens vraiment en vacances dans ce superbe archipel paradis des cyclistes. D'abord, j'adore prendre le bac, ça, je l'ai déjà écrit. J'en ai pris 9, tous gratuits pour les cyclistes, certains fonctionnant encore avec un système de câbles. Les rochers sont roses, la route est rose, le ciel est bleu, la mer est fraîche. Mais ça ne m'empêchera pas de me baigner dans la Baltique, mer étonnamment peu salée; c'est dû à la présence de nombreux lacs et rivières. Les saunas, j'en profite dès que l'occasion se présente; c'est sublime.

Dans les îles, rien de vraiment extraordinaire mais beaucoup de charme dans tout. Forteresses russes (la Finlande fit partie de l'empire russe de 1809 a 1917 et Oland en était donc la partie la plus occidentale), vikings, églises, château... Vraiment agréable de prendre un bac, arriver au Sud d'une île, avoir le temps de faire la traversée de 17 km avec, en chemin, dégustation de la spécialité locale (Oland pannkaka, crêpe), baignade, visite d'une église, prise de photos et de prendre le bac au Nord de l'île 2h30 plus tard. Timing parfait !

Les campings sont situés dans des endroits idylliques, peuplés de cyclistes et de campeurs sac à dos, les caravanes et autres motor homes devant payer un prix exorbitant pour prendre le bac.


Souvent, il y a des panneaux d'avertissement sur la présence possible de rennes. Je n'en ai jamais vu mais me suis souvent demandé s'ils avaient été introduits dans les îles ou s'ils avaient pris le bac incognito ou s'ils étaient venus à la nage... Mais j'ai vu des serpents et des biches. Vive le camping sauvage!

J'ai rencontre une famille allemande cycliste vraiment sympa. 3 enfants, la cadette a 7 ans et un jour, ils ont roulé 60 km! Chapeau! 1ères vacances de ce type pour eux, les plus belles pour les enfants. Les adresses en Allemagne commencent à s'accumuler dans mon carnet... Dans la capitale de l'île, je retrouve un autre cycliste rencontré à Vaasa. Mes soirées sont donc occupées à bavarder au camping avec d'autres cyclistes, ou même des non cyclistes français, au coin du feu...


Les Finlandais, j'ai eu du mal à les cerner. Quand je les croise, ils ont généralement le visage fermé et ne vont jamais croiser mon regard. Parfois, par provocation, je leur lance un joyeux "hej", salut local; ça les fait sursauter. Mais dès que j'ai besoin d'une explication, ils font tout pour m'aider, cherchent un anglophone, s'assurant que j'ai bien compris l'itinéraire.  Apparence un peu revêche, donc, mais grande gentillesse; m'accueillir chez eux ou m'offrir un bungalow, je n'ai pas vécu ça dans le Sud plus extraverti...
Ils adorent aller au supermarché, ne prennent pas de caddie mais bien un petit panier quotidien. Comme en Suède, l'alcool se vend uniquement dans les magasins d'état. J'ai goûté à tout l'échantillonnage des bouteilles de vin de 250 ml, dose parfaite. Les Finlandais sont très accros aux boîtes à sous. Il y en a un peu partout, et il est étonnant de voir une ménagère à l'entrée du supermache essayant de gagner le jackpot! Le WE, ils partent faire du kayak sur les nombreux lacs et rivières et adorent faire de la marche nordique.

Après ces petites vacances, en route pour Helsinki! Ca commence à sentir la Russie, je vois des cars et des voitures russes. A l'auberge de jeunesse, je partage une chambre d'abord avec une Russe, ensuite avec une Ukrainienne. Je me sens un peu aux confins de l'Europe.
Helsinki ne m'a pas fait une forte impression, les monuments neoclassiques, notamment, font des efforts pour me charmer, mais sans succès... De même la cathédrale orthodoxe. Mais le musée d'Art Contemporain à lui seul vaut le détour. Sublime! Certaines scènes aussi, tel un car déversant ses touristes japonais; ils courent, l'appareil photo à bout de bras, mitraillant dans leur course le monument dédié à Sibelius, comme s'il allait s'enfuir. C'est la marée nippone...

Depuis Helsinki, ferry pour Tallinn, grandiose, celui-là, 7 étages, mon vélo est le seul de sa catégorie dans la cale. J'ai donc débarqué hier dans la capitale estonienne, dans le pays qui a inventé Skype, qui a une des croissances economiques les plus elevées d'Europe (7%) et dans lequel on peut déjà tout payer en Euros.


Par Paloma
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Jeudi 14 août 2008 4 14 /08 /Août /2008 12:58

Je continue à monter vers le Nord avec pour 1er objectif la ville d' Uppsala. On peut y admirer cartes et manuscrits anciens, il n'y a rien de tel pour me stimuler en cours de route et je ne serai pas decue...
Je traverse lacs et forêts, il fait beau et j'admire la facon dont les maisons s'intègrent dans la nature. Toujours très belles, soignées, fleuries, jardin fraîchement tondu et herbes folles aux alentours. Les boîtes aux lettres qui s'alignent le long des routes sont souvent joliments décorées.
Les petites routes révèlent de belles surprises: anciennes usines reconverties en musée, églises avec superbes fresques aux tons pastels; dans l'une d'elles, vide, il y avait un bouton "franska". Je l'ai enfoncé et d'excellents commentaires en francais ont retenti sous les voûtes. Qui l'eut cru?
Je fais beaucoup de camping sauvage, au bord des lacs, dans les champs, mon campinggaz fait merveille.
Le 1er août, brusque changement de temps, nous perdons 15 degrés en un jour. Pluie quotidienne ou presque. Ca n'empêche pas certaines Suédoises de pédaler en dessus de maillot de bain (j'en connais qui vont venir faire un tour par ici) alors que j'hésite à ôter ma veste et que j'ai des manches longues. Je suis devenue très frileuse!

Je longe la mer, ce qui n'est sans doute pas le meilleur choix d'itinéraire car la grand route n'a aucun charme et il y a peu d'alternatives, à moins d'accepter de tripler le nombre de km à parcourir... En outre, certains troncons de cette route sont interdits aux cyclistes, notamment celle qui accède à un site inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Frustrant! Cela oblige parfois à contourner un superbe fjord, alors, on ne regrette pas le détour.

Sur la grand-route, je ne suis jamais contente. Quand on annonce 2 bandes de circulation (toujours avant une montée) plus un accotement, je me dis "zut, une montée" mais cela veut dire aussi que je ne me ferai plus frôler par les autres usagers à 110 km/h. Quand on annonce une seule bande, cela signifie descente et je devrais me réjouir mais ca veut dire un accotement plus étroit que l'envergure de mon vélo. Je me retrouve donc dans un goulot, camions et voitures klaxonnent rageusement pour bien me faire comprendre que je gêne.
J'hésite donc à persister dans mon idée de contourner le golfe de Botnie et change d'avis d'une heure à l'autre. Au moment où je me suis décidée à continuer, je me suis retrouvée sous la pluie sur une piste de terre avec montagnes russes qui s'est transformée en piste de grosses pierres, impraticable! Ce fut la cerise sur le gâteau et je me suis dit que finalement, prendre le ferry n'etait pas une si mauvaise idée. 2 cyclistes polonais voulaient prendre le train, un Suédois m'a conseillé d'aller au plus vite vers le Sud pour éviter les frimas.
J'ai quitté la Suède à regret, les gens y sont vraiment sympas, mais il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'idée.
J'ai donc pris le bateau qui relie Umea, en Suède, à Vaasa, en Finlande.


Chaque fois que je passe une frontière, je me pose 3 questions principales. Comment sont les gens, comment sont les routes, est-ce que je vais bien manger? J'ai des préoccupations très terre à terre... et j'ai appris à ne plus croire les guides de voyage.

En Finlande, les campings sont toujours aussi bien équipés, avec cuisine complète et salle à manger, bien utiles quand il pleut. A cela s'ajoute le sauna, et ca, j'adore! Après une journée de vélo, c'est encore plus appréciable et je m'y délasse avec délices...

Les routes sont souvent doublées de pistes cyclables, et ca, c'est une bonne surprise. Les Finlandais sont décrits comme étant plus froids et plus réservés que leurs voisins, ca semble assez vrai, mais n'empêche que le lendemain de mon arrivée, alors que je demandais le chemin du camping à une cycliste, cette dernière m'a dit que je n'allais quand même pas passer la nuit toute seule dans le camping et qu'elle me proposait sa chambre d'amis. Je n'ai pas hésité, même si j'ai dû retourner 6 km en arrière, l'occasion était trop belle de rencontrer des indigènes et de voir comment ils vivent. Et surtout, l'invitation était faite si gentiment et c'etait la 1ère de ce type pour moi en Europe...  Et pour Kielo aussi, elle ignore pourquoi elle a fait cette proposition si spontanément, alors qu'elle parle à peine l'anglais.
Kielo est infirmière, son mari Hannu est charpentier. Ils m'ont préparé un sauna, sans oublier la brassée de menthe sauvage destinée à se fouetter le corps. J'ai fait honneur à leur repas en vidant tous les plats posés sur la table et j'ai dormi avec délices sous une moëlleuse couette. L'anglais de mes hôtes était plus que balbutiant mais cela ne nous a pas empêchés de passer une excellente soirée. Ils se chauffent au bois, un gros poële trône dans chaque pièce. Autour du solstice d'hiver, ils ne voient jamais le soleil, à moins de monter sur une colline avec vue dégagée.

La rentrée des classes a eu lieu ce 11 août, certains campings et ferries ferment déjà; incroyable comme la saison estivale est courte.
Le finnois est une langue ouralienne, autant dire sans aucun rapport avec les langues latines ou germaniques. Beaucoup de Finlandais ne parlent pas l'anglais mais en battant le rappel, on trouve toujours quelqu'un qui parle anglais. Leur langue comprend un nombre hallucinant de "k". Nul doute qu'ils figurent en grand nombre dans le scrabble et qu'ils ne valent qu'un point! Quand je parlais du problème de lecture d'étiquettes dans les supermarchés, on m'a dit que c'était simple, que tout était écrit aussi en suédois. Ah oui, il suffisait d'y penser...

Je suis à Tampere, 3ème ville du pays. Près de l'auberge de jeunesse, il y a un "erotic restaurant" avec private show et nurse show, ceci pour planter le décor... Si je veux me faire un peu d'argent de poche, je sais où aller postuler...
Je viens de voir une superbe expo sur le Tibet mais on peut aussi aller au musée de l'Espion, à celui de la chaussure, ou de la tasse de café ou du hockey sur glace. Le choix ne manque pas.. Tous ces musées siègent dans d'anciennes usines textiles en briques rouges, c'est vraiment superbe.
J'ai l'intention d'aller faire un tour vers les îles d'Oland avant de gagner Helsinki. Après, on verra, j'ai plusieurs  idées en tête!


Et mes amis cyclistes à sacoches?? Ils se font de plus en plus rares et on voit de tout.

Il y a les 2 Australiens en tandem qui contournent la mer Baltique en 10 semaines et qui ont particulièrement apprécié l'archipel d'Aland et la Russie; ce sont les lointains voyageurs.
Il y a celui qui fait consciencieusement ses étirements dès qu'il arrive au camping et qui, dès potron-minet, est déjà reparti. C'est le pro de la bande.
Il y a celui qui roule en vélo couché, un retroviseur fixé à son casque; c'est mister gadget.
Il y a la Suédoise qui, la soixantaine bien sonnée, voyage seule avec toute sa maison sur son porte-bagage, les traits burinés par le soleil. C'est la prévoyante.
Il y a celui qui, 155 cm pour 50 kg tout mouillé, a choisi la remorque et qui a un chargement certainement supérieur à son poids corporel; c'est le juste poids...
Il y a la famille de Néerlandais, la gamine de 6 ans sur un vélo additionnel, le gamin de 8 ans tout seul sur son vélo avec d'énormes sacoches. Mais c'est un leurre, il ne transporte que les duvets...
Il y a le couple d'Allemands qui mange des fruits et 2 cuillers de farines diverses le matin, qui grignotte des dattes la journée et qui mange des fruits, légumes crus et fromage le soir. Pas besoin de campinggaz... Ce sont les "retour aux racines".
Il y a les 2 Polonais affalés sur l'herbe qui après 10 jours, veulent déjà prendre le train; ce sont ceux qui se sont surestimés.
Il y a l'Allemand qui, comme moi, se demande de quoi vivent les moustiques dans la forêt quand il n'y a pas d'humain dont ils peuvent sucer le sang, qui fait des sudokus le soir, qui roule 100 km par jour, qui mange 300 gr de pâtes au dîner, qui aime passer la soirée avec un autre cycliste. C'est mon alter ego.


Les cyclistes voyageurs, je les trouve tous sympas; c'est toujours un plaisir de parler voyage, mécanique, météo avec eux. Les plus nombreux sont les Allemands et je n'en ai encore rencontré aucun qui vive plus au Sud que moi. Je suis donc la méridionale de service...

Par Paloma
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Lundi 28 juillet 2008 1 28 /07 /Juil /2008 14:19
Au Danemark, on passe rapidement d'une île à l'autre, que ce soit par route, ferry ou train. J'ai tout expérimenté...
Le souvenir que je garde du Danemark est un temps excessivement variable. En 2 minutes, on passe du grand bleu à la pluie, pluie qui ne m'aura épargnée qu'un jour ou 2. Ça ne m'a pas empêchée de faire du tourisme, visitant la cathédrale de Roskilde où furent enterrés 59 rois et reines du Danemark, des châteaux, dont celui d'Helsingor, cadre de Hamlet, ou d'assister à un concert de midi dans une belle église.

Les Danois ne sont pas très souriants et plutôt réservés, mais toujours prêts à rendre service. Ils voyagent volontiers à vélo, mais je n'en ai rencontré aucun qui le fasse aussi longtemps que moi. Un voisin de camping m'a annoncé fièrement qu'il avait roulé 400 km en 10 jours et a été pris d'un irrepressible fou rire quand je lui ai dit que j'en avais parcouru 900 en 10 jours... Comme il se plaignait de sa remorque, trop lourde et qui l'obligeait à mettre pied à terre dans le montées, ce fut mon tour d'avoir un fou rire car le Danemark est désespérément plat...
Au musée d'Art moderne de Louisiana, je retrouve les Boland qui terminent leur voyage. Nous admirons les splendides jardins ornés de sculptures qui descendent jusqu'à la mer. Je termine mon séjour Danois par 3 jours à Copenhague. J'y retrouve brièvement  mais avec beaucoup de plaisir Lene, une ancienne collegue de travail, et en profite pour visiter quelques beaux musées. La Petite Sirène déçoit certains touristes de par sa petite taille, mais quand on est Bruxelloise, on s'abstient de juger les statues par leur taille... Dans la capitale danoise, tout est prévu pour les cyclistes,un vrai plaisir. Je m'y sens du coup très couleur locale.
Le Danemark, c'est aussi le pays du design; incroyable l'originalité de leurs réalisations. Les Danois doivent trouver qu'on s'habille de façon bien conventionnelle, eux qui n'hésitent pas à mêler rayures, pois et fleurs dans une même tenue... Tous les goûts sont dans la nature...

Pour quitter le Danemark et gagner la Suède, je dois prendre le train car il n'y a pas de bac et le pont qui enjambe le detroit d'Oresund, long de 8 km, est une autoroute interdite aux cyclistes. Dans le train, de plein pied avec le quai, il y a des emplacements réservés aux cyclistes. Merci.
En mer, des parcs à éoliennes, superbes, majestueux, défient le vent. Il faut dire que plus de 20% de la production d'électricité danoise est d'origine éolienne et que les Danois ne font pas autant de chichis que les habitants de Knokke-le-Zoute!

Me voici en Suède, au pays des Volvo, de Ikea et de ... Fifi Brindacier! Le drapeau suédois est l'image du pays tel que je le découvre: bleu comme le ciel azuré et jaune comme les champs de blé doré. Le vent s'est calmé, les gens sont souriants et sympas, mon séjour dans ce pays s'annonce pour le mieux. Dès le 1er jour, je m'achète petits pans suédois, saumon et aneth. Me voilà parée. Seule ombre au tableau, le sauna du 1er camping est fermé.
Les maisons sont presque toutes en bois, peintes en jaune ou en rouge foncé et dans presque chaque jardin trône un trempoline. Les routes ne sont pas vraiment concues pour les cyclistes mais heureusement, la circulation est plutôt clairsemée.

Les moustiques, on en parle dans mon guide comme étant la plaie d'un voyage en Suède en juillet. De fait, ils passent à l'attaque dès le 1er soir. Mais j'ai prévu l'arme fatale, à savoir un bracelet anti-moustique irrésistible! Aussitôt placé à la cheville, comme pour me narguer, un moustique s'est empressé de me piquer dans le cou, un autre à 5 cm du bracelet... Super! Heureusement, il me reste l'Autan, fidèle allié de tant de voyages, bien plus efficace que le Mostiguard. Les moustiques, ils ne sont pas très vifs, j'en tue par dizaines, mais souvent, leur méfait est déjà accompli. Les chevaux ont la face recouverte d'un treillis, on dirait qu'ils jouent à colin maillard; sans doute une protection contre les insectes à laquelle les vaches n'ont pas droit.

Je traverse rapidement Malmo, Lund, décidée à avancer sans trop traîner car je voudrais arriver au cercle polaire arctique avant qu'il ne fasse trop froid. Pour l'instant, il y a 28 degrés, mais ça ne devrait plus durer longtemps. Les Suédois le savent bien et ils envahissent les nombreux lacs de la région, parfois aménagés avec pontons, plongeoirs et plages. Très agréable... Mais le plus agréable est d'y camper, car ici, le camping sauvage est autorisé pour autant qu'on respecte la nature. Se rafraîchir puis s'endormir au bord d'un lac, c'est somptueux. Mon filtre Katadyn, que j'avais délaissé depuis de nombreux mois, peut à nouveau entrer en action pour me permettre de me désaltérer à l'eau du lac. Le seul hic au camping sauvage est le rechargement de la batterie de mon appareil photo. Si en plus, j'avais pris avec moi GSM et GPS, ce serait vraiment galère...

La route est belle, elle ondule entre lacs et forêts; les villages sont tels que dans mes souvenirs de Fifi Brindacier. Le feuilleton a pourtant plus de 40 ans, mais c'est comme si le temps s'etait arrêté.
Eva,à qui je demandais le chemin, pédale 12 km avec moi et m'offre chez elle jus de framboise maison, yaourt et chanterelles. Vraiment accueillante. Les adultes portent souvent des sabots de cuir et de bois, les jeunes ont adopté les Crocs ou imitation et leurs couleurs vives.
Je suis à Norrekoping, dans la province d'Ostrogothie. Ce nom me plaît, ca fait "Asterix". Cette ville a superbement réhabilité des friches industrielles, une merveille architecturale parmi des canaux et écluses. J'ai décidé de boycotter Stockholm et de filer droit vers le Nord.
Par Paloma
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